Discours

mccDinant : Assemblée Générale du MCC, le 4 décembre 2005

Discours de clôture de Gérard DEPREZ
Assemblée Générale du MCC

Dinant – le 4 décembre 2005

Madame la Présidente du M.C.C.,
Monsieur le Président du M.R.,
Monsieur le Président du F.D.F.,
Chers collègues parlementaires,
Mesdames,
Messieurs,
Chers Amis du M.C.C.,

A la fin de cette matinée, au cours de laquelle nous avons actualisé notre Manifeste et nos statuts, je veux, en tout premier lieu, exprimer des remerciements.

Remerciements, tout d’abord, à vous toutes et vous tous, fondateurs anciens ou nouveaux adhérents, sympathisants, amis, citoyens de la première et la dernière heure (dont nous savons depuis la célèbre parabole de l’Ecriture, qu’ils ont tous droit à la même considération)… A vous toutes, à vous tous, merci.

Remerciements ensuite à l’équipe de Dinant, sous la conduite de Richard FOURNEAUX (il est facile à reconnaître, c’est le 2e nœud papillon le plus célèbre de Wallonie) et avec l’appui logistique de notre ami Robert CLOSSET, de son épouse Carine et de leurs amis. Merci à vous toutes et tous pour votre accueil dans cette bonne ville de Dinant, pour l’aide à l’organisation de cette journée et pour la capacité de mobilisation que vous avez manifestée. Tout le monde sait bien qu’il y a, dans les environs, des esprits chagrins, pire, des pervers ou des revanchards qui sont prêts à tout pour salir Richard, pour l’abattre et pour éliminer à sa suite tous ses coéquipiers. Aujourd’hui, je sais que c’est peine perdue. Au soir des élections communales, le 8 octobre de l’an prochain, c’est un immense nœud papillon qui flottera, vainqueur, sur l’hôtel de ville de DINANT.

Remerciements encore à nos parlementaires, à nos animateurs, aux bénévoles, au secrétariat du M.C.C., à mon ami Serge Bothy, pour leur disponibilité, pour leur travail, pour leur engagement.

Remerciements enfin aux personnalités du M.R. qui se sont jointes à nous aujourd’hui. Merci à Daniel DUCARME, architecte et premier Président du M.R., qui a toujours compris et soutenu le M.C.C.

Merci à Olivier MAINGAIN, Président du F.D.F., de venir saluer l’autre nef latérale (c’est-à-dire nous) de la cathédrale M.R. et de conforter, par son action et son engagement, le pôle des réformateurs sociaux.

Merci à Didier REYNDERS, Président du M.R., c’est-à-dire notre Président à tous, d’être venu porter témoignage de sa vision réformatrice et de sa volonté de respecter et de valoriser toutes les composantes du Mouvement Réformateur qui nous fédère et qui nous unit.

Merci, en ultime fin, à notre Présidente, Nathalie DE T’SERCLAES, dont le courage n’a jamais flanché, même dans les moments les plus difficiles et qui assure, en particulier au travers de son activité parlementaire, le crédit intellectuel et moral du M.C.C.

En conclusion à nos travaux de cette matinée, je voudrais concentrer mon intervention sur quelques-uns des défis auxquels nous devrons faire face, tous ensemble, dans les prochaines années.

I. LA WALLONIE

Tous ceux qui ont participé à la fondation du M.C.C. ou qui l’ont rejoint savent qu’à la base de la création du notre mouvement, il y a un constat, une prise de conscience.

Ce constat, qui reste malheureusement aussi vrai aujourd’hui qu’il y a huit ans, vous le connaissez, il est écrit noir sur blanc dans notre Manifeste: la situation économique de la Wallonie n’est pas bonne.

La croissance économique est trop lente, l’écart continue de se creuser entre le Nord et le Sud du pays. En P.I.B. par habitant, si la moyenne européenne est à 100, la Flandre va atteindre 107, alors que la Wallonie traîne aux environs de 77.

Le chômage est trop élevé, il frappe près de 18 % de la population active de notre région. En Flandre, il n’atteint pas la moitié.

C’est pire pour le chômage des jeunes: en Wallonie, les jeunes de moins de 25 ans sont près de 30 % à ne pas avoir de travail. C’est presque le record d’Europe.

Enfin, l’écart de revenus entre les Flamands et les Wallons continue inexorablement de se creuser, année après année.

C’est sur la base de ce constat que nous écrivons dans le Manifeste que ce retard de développement est

un drame pour les Wallons,
un handicap pour les francophones,
une menace pour l’unité de notre pays.

La preuve vient encore d’être fournie par le dernier manifeste en date de personnalités nationalistes du Nord qui se sont saisies de ces chiffres pour réclamer la fin de la Belgique.

Ces gens-là doivent savoir qu’ils nous trouveront, avec tout le M.R., pour leur barrer la route. C’est clair et c’est net.

Mais nous savons aussi de notre côté que ce n’est pas seulement avec des proclamations qu’on change la réalité. Pour changer la Wallonie, il ne suffit pas de proclamer qu’elle doit changer, il faut mettre en œuvre les réformes qui la feront changer.

Et la première réforme qui doit être faite, c’est de reconnaître la réalité en face. Il faut mettre fin, Alain DESTEXHE a failli récemment en être la victime, à cette sinistre loi qui veut que celui qui dit la vérité doit être exécuté.

C’est dans cet esprit que je plaide pour que le nouveau Ministre Président de la Région wallonne, le très médiatique orchestrateur du dénommé plan Marshall, prenne l’initiative de charger une équipe d’experts indépendants d’établir précisément l’état de la Wallonie telle qu’elle est réellement et de refaire l’exercice dans deux ans pour mesurer ce qui aura réellement changé. Un homme politique responsable doit se faire juger sur les résultats de son action et non sur les effets d’annonce et les appellations publicitaires. Je tiens à sa disposition une série d’indicateurs qui seraient très utiles dans cet exercice.

Mais cela n’est pas encore suffisant. Pour que le débat politique soit alimenté de manière consistante, je pense aussi qu’il faudrait demander à ces experts de mettre au point des indicateurs de bonne gouvernance. (C’est le seul moyen de vérifier objectivement ce que l’on peut attribuer spécifiquement à l’action du gouvernement et de sa majorité dans les résultats constatés).

A propos, je viens de prendre connaissance d’une étude réalisée par Julie Dubois et Robert Deschamps des Facultés universitaires de Namur. Cette étude compare la manière dont les Flamands d’un côté, les Wallons de l’autre gèrent les budgets (communautaires et régionaux additionnés) en 2005.

Premier constat: les dépenses consacrées au remboursement des dettes sont proportionnellement 4 fois plus importantes pour la Wallonie que pour la Flandre!

Deuxième constat: les dépenses consacrées aux parlements, aux cabinets ministériels et aux gouvernements sont proportionnellement 2 fois plus élevées en Wallonie qu’en Flandre!

Troisième constat: les dépenses en faveur des provinces sont 2 fois et demie plus élevées en Wallonie qu’en Flandre!

Quatrième constat qui n’est pas le moins alarmant, les dépenses consacrées au financement de la recherche sont proportionnellement presque 2 fois plus élevées en Flandre qu’en Wallonie!

Certes, ces calculs ont été faits avant le soi-disant plan Marshall. Mais même en tenant compte de cette conversion, la conclusion s’impose d’elle même: il y a un vrai et grave problème de gouvernance en Wallonie. Et ce n’est pas ce que nous savons aujourd’hui de la manière dont sont gérées certaines sociétés de logement social, sans parler du circuit de Francorchamps et de l’application du plan TONUS à Huy, qui nous rassurera sur la qualité actuelle de la gouvernance en Wallonie.

C’est pourquoi, je le dis, je le répète, je le redirai et je le répèterai
il est nécessaire et urgent de nous rassembler et de travailler tous ensemble pour offrir, en Wallonie, une alternative à la puissance, à la pesanteur et au conservatisme du P.S.

Cette alternative ne peut être construite que par le M.R., avec le M.R., autour du M.R. C’est le choix que le M.C.C. a fait, c’est le choix qu’il rappellera demain si cela s’avère nécessaire.

II. LA SOLIDARITE

Le deuxième défi que nous devons relever tous ensemble est celui de la solidarité entre tous les francophones de notre pays, c’est-à dire entre les habitants de Bruxelles et ceux de la Wallonie.

Cette solidarité doit se manifester d’abord sur le plan des Institutions. De tous les gouvernements que compte notre pays – et il y en a quelques-uns, le Gouvernement de la Communauté française est le plus évanescent, le plus mal connu et, d’après tous les sondages, le plus mal apprécié. Et ce n’est pas l’actuel, sous la conduite de Marie ARENA, qui va arranger les choses. Parce que, en réalité, le vice est à la base: le Président du M.R. a raison de demander que le Gouvernement de tous les Francophones soit composé de tous les membres du gouvernement wallon et de tous les membres du gouvernement bruxellois. Cela au moins est clair et cohérent.

Mais l’institutionnel ne suffit pas: c’est l’interpénétration économique qui crée le dynamisme et la solidarité. Peu de Wallons le savent, mais Bruxelles est aujourd’hui en Europe une des trois régions qui produit le plus de richesse par habitant. Chaque matin, plus de 80.000 Wallons prennent le chemin de Bruxelles pour aller y travailler avant de rentrer chez eux. Dans les faits, Bruxelles est devenue – je m’en excuse vis-à-vis de deux autres métropoles wallonnes – la capitale économique de la Wallonie. Cela doit nous conduire à regarder Bruxelles avec un autre regard; la prospérité de Bruxelles est une part essentielle de notre prospérité et de notre avenir. Comment ne pas voir que l’organisation des accès à Bruxelles, que la défense des droits des Francophones à Bruxelles et autour de Bruxelles est, non pas une contrainte, mais un atout pour le développement de la Wallonie elle-même ?

III. DEFI DEMOGRAPHIQUE ET PACTE ENTRE GENERATIONS

Le troisième défi ne sera pas le plus simple à relever. L’Europe toute entière est occupée à vieillir. C’est le seul continent en déclin démographique. Le côté réjouissant de la chose, c’est que beaucoup d’entre nous vivent plus longtemps et qu’ils vivront mieux plus longtemps. Le côté préoccupant c’est que les générations futures, moins nombreuses à cause de notre faible natalité, devront assurer une charge plus lourde, pour financer les retraites et les soins de santé d’un nombre croissant de personnes plus âgées. Le défi est de taille et il nous demandera à tous des efforts, de l’imagination, du courage. Le Gouvernement actuel a commencé, avec lucidité, à s’occuper du problème en essayant de conclure, avec l’accord des partenaires sociaux, un pacte entre les générations. Ce pacte que nous soutenons est un premier pas qui en précédera beaucoup d’autres. Dans notre pays, malheureusement, le taux d’activité des personnes âgées de plus de 55 ans est trop faible. C’est même l’un des plus bas du monde! Y a-t-il quelqu’un qui croit sérieusement que nous pourrons, en étant moins nombreux à travailler et en travaillant moins que les autres, maintenir le système social que nous voulons garantir et même améliorer ? A l’évidence, la réponse est non. Nous devrons demain être plus nombreux à travailler et, sans doute, devrons nous travailler progressivement un peu plus longtemps.

IV. L’EMPLOI DES JEUNES ET LE DEFI DE L’INTEGRATION

Mais il faudra aussi, et j’en arrive au quatrième défi, que nos jeunes aient davantage de possibilités d’emploi. C’est un malheur pour eux et un malheur pour nous tous que le taux de chômage des jeunes de – de 25 ans, en Wallonie et à Bruxelles, soit le plus élevé de tous les pays de l’Union européenne – entre 28 % en Wallonie et plus de 30 % à Bruxelles.

Ce chômage massif des jeunes est l’un des vrais scandales de notre pays, en particulier dans la partie francophone. D’autant plus qu’à Bruxelles en particulier une partie importante de ces jeunes est, comme on dit aujourd’hui, « allochtone », c’est-à-dire d’ascendance étrangère. Mesurons-nous bien la situation de ces jeunes, qui ont aujourd’hui la même nationalité que la nôtre et qui doivent faire face, en même temps aux difficultés de l’intégration et au rejet sur le marché de l’emploi ? Mesurons-nous bien que l’avenir du financement de notre système de protection sociale reposera en partie sur eux, à qui nous n’avons pas toujours donné la formation adéquate et les chances de se développer dans et par le travail ?

V. FORMATION – EDUCATION

Ce qui me conduit à vous parler du 5e défi dont je voulais vous parler aujourd’hui, celui de la formation et de l’éducation. Les études internationales qui existent en la matière montrent malheureusement que les élèves francophones se classent assez mal, en comparaison avec les autres pays, tant en sciences, qu’en mathématiques et en maîtrise de la langue maternelle. Cette situation ne peut pas rester en l’état. Elle appelle, de notre part à tous, une mobilisation sans précédent, dans des régions où les matières premières sont largement épuisées et où la matière grise est le gisement de l’avenir. Notre système d’enseignement doit être plus performant, il doit être plus exigeant. Ce sera mieux pour tout le monde et en particulier pour ceux qui sont moins favorisés par la naissance. Moins l’école est exigeante, moins elle contribue à égaliser les chances.

Voilà, j’en termine. J’ai voulu parler avec vous le langage de la franchise et pas de la langue de bois.

Et si je l’ai fait, c’est parce que je crois que nous sommes de taille et à regarder la réalité en face et à trouver ensemble les réponses aux défis qui sont devant nous.

Parce que la force d’une société, sa vitalité, sa capacité à surmonter les difficultés, ne se trouve ni dans un parti, fut-il le meilleur, ni dans les paillettes de l’Etat spectacle.

La force d’une société réside dans la liberté, la responsabilité, la générosité du plus grand nombre de citoyens.

C’est cela le cœur de notre message.

Vive le M.C.C. ! Vive le M.R. !


 

Bruxelles : Conférence de presse, le 26 octobre 2005

I Pourquoi relancer le M.C.C. ?

Vous connaissez ma manie: 3 raisons.

1.1. Parce que les citoyens qui nous soutiennent nous l’ont demandé.

C’est un fait que beaucoup de citoyens qui nous accompagnent ou qui nous soutiennent, acceptent de s’engager au M.R. à condition que cela se fasse par l’intermédiaire du M.C.C.
Ils sont d’abord M.C.C. et c’est en tant que M.C.C. qu’ils rejoignent le M.R.

1.2. Parce que nous en avons ressenti le besoin si vous regardez attentivement les parlementaires qui sont réunis ici, il est évident qu’ils ont une histoire commune.

Nous venons tous du même « berceau » politique.
Nous avons tous, même si c’est à des moments différents, fait le même cheminement et franchi le même pas.

1.3.Parce que nous pensons que ce sera positif pour le M.R.

Nous croyons profondément qu’un Mouvement comme le M.R. qui a vocation à organiser une alternative crédible par rapport au poids du P.S., ne pourra réussir que s’il fédère des sensibilités différentes et si ces sensibilités peuvent s’exprimer de manière crédible.

Nous ne voulons pas être une petite chapelle de la cathédrale M.R.
Nous voulons être une nef, pas la nef centrale, mais une nef latérale.

VIVE LA NEF, FINIE LA CHAPELLE

II Qu’est-ce que nous avons de spécifique ?

Encore une fois, ça marche par trois.

La spécificité du M.C.C., c’est qu’il constitue un MIX de 3 dimensions: Citoyen – Centriste – Réformateur

2.1. Citoyen: la dimension citoyenne se définit à divers niveaux:

referendum
vote majoritaire
choix du bourgmestre

2.2. Centriste: l’objectif n’est pas seulement de gérer une économie, ou de se battre pour la répartition. L’objectif centriste c’est de vouloir une société – pas seulement une économie – performante mais aussi solidaire. D’où l’importance accordée à l’enseignement, au sport, à l’administration.

2.3. Réformateur: c’est la caractéristique commune à toutes les composantes du M.R. et cela vaut dans tous les domaines:

III Qu’allons-nous faire ?

3.1. Agir loyalement: LOYAUX MAIS PAS MUETS

Notre objectif n’est pas de diviser, mais de renforcer. Ce que nous voulons, c’est accroître la capacité d’attraction du M.R. c’est-à-dire sa capacité à construire l’alternative que nous appelons de nos voeux par rapport au poids de P.S.

3.2. Lancer des débats

Le débat est une caractéristique essentielle d’un mouvement de citoyens. Nous allons relancer des débats de fond:

3.3. Faire des bilans critiques

Refuser les attaques politiciennes.
Evaluer: ex. Elio Di Rupo sauve le Région wallonne


 

Congrès constitutif du Mouvement Réformateur à Bruxelles
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,

C’est pour moi un plaisir et un honneur de prendre la parole, au nom du MCC, devant les délégués à l’Assemblée Constitutive du Mouvement qui va dorénavant organiser notre aventure commune.

La tâche qui m’échoit ce matin est d’apporter l’adhésion du MCC au Mouvement et au projet de statut qui va régler son fonctionnement.

Cette adhésion, je le dis d’emblée, nous la donnerons – les Animateurs du MCC réunis la semaine dernière l’ont d’ailleurs déjà donnée à la quasi unanimité.

Permettez-moi toutefois auparavant de mettre l’accent sur quelques éléments essentiels qui ont suscité notre intérêt, structuré nos débats et, finalement, emporté notre adhésion.

I . A ceux qui m’ont demandé, ces derniers temps, de définir la signification essentielle de la démarche dans laquelle nous nous engageons, j’ai toujours répondu en faisant référence au sens profond de la construction européenne.

De la même manière que les Belges ne cessent pas d’être belges en construisant l’Europe (ni les Français ni les Allemands, ou les Italiens ou les Espagnols) , de la même manière ni les libéraux, ni les FDF, ni les MCC ne renoncent à ce qu’ils sont en s’intégrant dans le Mouvement.

Non, nous ne sommes pas occupés à nous dissoudre, à perdre notre âme, à renoncer à notre personnalité et à notre histoire. En nous intégrant dans le Mouvement, nous ne nous amputons pas de quelque chose, nous nous ajoutons tous un supplément commun. C’est en tant que citoyen belge que j’acquiers la citoyenneté européenne, c’est en tant qu’adhérent au PRL, au FDF, ou au MCC que j’intègre le Mouvement.

Adhérer, ce n’est pas perdre son identité, c’est partager son projet avec des compagnons de route qui eux aussi gardent la leur.

II . Bien sûr, et j’en viens au deuxième élément clé du projet de statut, tout transfert de souveraineté à des organes décisionnels communs doit respecter des règles pour éviter la frustration des composantes les moins fortes.

Le respect des minorités est une caractéristique fondamentale de tout projet démocratique.

C’est la raison pour laquelle nous tenons à saluer le contenu de l’article 4 qui garantit que chaque formation constitutive du Mouvement dispose d’un droit d’initiative et d’expression dans toutes les matières qui ne font pas l’objet du projet commun ou aussi longtemps que celui-ci n’a pas été arrêté ou modifié.

C’est dans le même esprit que nous approuvons, à l’article 8, la disposition qui prévoit qu’en matière de statut et de doctrine, une délégation peut demander sur les points qu’elle désigne un vote du Congrès à la double majorité.

En mettant l’accent sur ces éléments, je ne veux pas dire que le MCC se réserve le droit unilatéral d’user ou d’abuser de ces dispositions. Tout au contraire, je veux signaler que la présence de ces dispositions, en reconnaissant expressément l’espace d’autonomie des composantes, est un mécanisme qui va nous pousser à travailler tous ensemble en toute confiance, à délibérer en commun, à anticiper les événements, à désamorcer les conflits.

D’ailleurs, et je tiens aussi à le souligner pour m’en féliciter, d’autres dispositions générales sont prévues pour garantir que sur l’essentiel, l’action commune sera la règle et que les décisions nécessaires pourront être prises, en toute hypothèse de manière parfaitement démocratique.

III . Je voudrais, en troisième lieu, au nom du MCC, mettre l’accent sur un autre élément du projet de statut qui revêt à mes yeux une importance capitale : je veux parler de l’article 7 qui traite explicitement de l’ouverture du Mouvement.

Cet article n’est pas et ne peut pas être une clause de style. Etre un mouvement, plutôt qu’un parti, c’est affirmer la volonté délibérée de supprimer des frontières, c’est refuser de clôturer un espace, c’est mettre fin au nationalisme de clan, pour donner naissance à une nouvelle communauté. L’histoire nous apprend que c’est possible : les Français et les Allemands, que leur nationalisme respectif avait entraînés à plusieurs reprises dans des guerres monstrueuses, sont aujourd’hui non seulement des partenaires et des alliés, mais des membres actifs d’une même communauté. Ce qui a été possible pour des peuples qui se sont faits la guerre doit l’être a fortiori pour des formations politiques qui ont été au pire des adversaires, au mieux des concurrents à l’intérieur d’un même pays.

Ceux qui me connaissent bien savent que je suis habité par l’idée de construire un Mouvement plus large encore que celui dont nous scellons aujourd’hui le destin.

Je n’ignore pas que cette idée se heurte à beaucoup d’obstacles et que pour réussir, elle devra bénéficier d’une volonté forte de part et d’autre. Mais je ne veux pas laisser passer ce jour sans vous dire que je rêve de ce moment où toutes les forces réformatrices du centre, y compris toutes celles du monde chrétien, seront associées selon les modalités qu’elles auront définies entre elles, et parleront d’une seule voix. Cette voix, ferme sans être brutale, forte sans être arrogante, donnera le ton et indiquera le cap. Ce jour-là, j’en suis sûr, l’esprit réformateur soufflera fort dans tout notre pays, et plus encore dans le Sud, pour une véritable renaissance.

IV . Il est, en quatrième lieu, une autre caractéristique du projet de statut que je souhaite mettre en exergue : il s’agit de la dimension citoyenne affirmée à plusieurs reprises dans le texte. C’est une excellente idée, Monsieur le Président, d’avoir prévu à l’article 5, la possibilité d’une adhésion directe au Mouvement.

C’est une autre idée tout aussi excellente, d’avoir prévu à l’article suivant, la possibilité pour ceux qui le souhaitent de participer à nos manifestations et de s’y exprimer librement sans être tenu de faire acte préalable d’adhésion.

Au moment où tous nos concitoyens manifestent leur réticence à l’égard de l’esprit partisan, il est de notre devoir de chercher de nouvelles voies pour raviver l’intérêt pour le débat public et faire renaître le sens de l’engagement politique. Merci aussi pour avoir, dans l’article 25, repris directement des statuts du MCC le concept des ateliers citoyens. Rien n’indique mieux, je crois, l’esprit dans lequel nous voulons redéployer le fonctionnement démocratique de notre société : réintroduire les citoyens au cœur du débat politique.

Permettez-moi aussi, sur un mode plus badin, d’y voir une subtile tentative de réconcilier la pratique de certains d’entre nous qui fréquentent assidûment, me dit-on, certains ateliers, et l’esprit du MCC qui veut, pour sa part, étendre le bénéfice de l’atelier au plus grand nombre.

Plus sérieusement, je suis convaincu que les ateliers citoyens sont appelés à devenir des creusets de la nouvelle citoyenneté et les espaces privilégiés de la pratique du pluralisme philosophique et religieux qui est au cœur de notre démarche.

V . Un dernier mot enfin, pour mettre en évidence une cinquième caractéristique de ce projet de statut.

Je veux parler de la différenciation des rôles que le projet de statut organise entre la Présidence du Mouvement et le Chef de file gouvernemental. Ah que voilà une idée positive, claire et originale !

Positive, elle l’est assurément, inspirée qu’elle est par le souci de permettre à deux personnalités qui doivent être fortes de conjuguer leurs forces, chacune dans son rôle, plutôt que de laisser l’ambiguïté multiplier les conflits et les querelles.

C’est aussi une idée qui a le bénéfice de la clarté et de la transparence politiques.

C’est une évidence que la presse a déjà relevée et que l’opinion publique a déjà pressentie. Allez, Louis, on peut le dire dès aujourd’hui, le futur Chef de file gouvernemental, c’est déjà toi aujourd’hui, ce sera assurément toi demain. Et comme tu disposes en outre des qualifications linguitiques nécessaires , que tu as prouvé ta capacité à te faire respecter et à dénouer les plus inextricables situations, et qu’en outre, tu seras soutenu par un grand Mouvement que Daniel aura d’abord conduit à la victoire électorale, il est évident que nous disposons avec toi d’un vrai leader gouvernemental, capable d’assumer avec honneur et efficacité , les plus hautes responsabilités.
L’idée est aussi structurellement forte, parce qu’elle a l’ambition de donner une légitimité démocratique directe à l’attribution de la plus haute responsabilité exécutive. Il est tout à fait clair à mes yeux que si nous voulons voir demain nos bourgmestres choisis par le peuple et non désignés dans d’obscurs caucus ou dans de sordides marchandages – comme on l’a vu notamment à Bruxelles – il n’y a pas de raison que nous nous interdisions de réfléchir aux mécanismes légaux qui permettront, demain, aux citoyens eux-mêmes de choisir les titulaires des plus hautes responsabilités exécutives de l’Etat, des Communautés et des Régions.

Voilà, mes amis, je conclus.

A la suite des Animateurs du MCC qui l’ont déjà fait sans équivoque, j’apporte publiquement l’adhésion du MCC au nouveau Mouvement et je demande à tous nos délégués, d’exprimer formellement, au moment du vote, notre soutien et notre engagement.

Dès demain, nous serons tous disponibles pour apporter notre contribution aux chantiers réformateurs que nous allons ouvrir ensemble pour mieux répondre aux besoins et aux aspirations des citoyens

Aujourd’hui nous nous lions, dès demain nous travaillons ensemble, après-demain nous gagnons ensemble. Vive le Mouvement !


 

Bruxelles, 24 mars 2002
Réunion de la Fédération PRL FDF MCC – Hannut, le 2 septembre 2001
Un de mes amis, d’un âge plus respectable que le mien, a l’habitude de me dire – je ne sais s’il cherche à se rassurer lui-même ou à m’avertir de quelque chose – cet ami, donc a l’habitude de dire que la jeunesse n’a pas d’âge. Je lui donne toujours raison, tout en pensant par-devers moi qu’il est tout de même plus facile d’être jeune à 20 ans qu’à 50 ans.

Ce qui est vrai de la jeunesse, l’est aussi de l’expérience, si l’on en croit la sagesse populaire. L’expérience n’a pas d’âge, vous en conviendrez avec moi, même si chacun sait qu’on a plus de chance d’avoir de l’expérience à 50 ans qu’à 20 ans.

C’est dons tout naturellement au nom de l’expérience qui est la mienne et de la jeunesse qui est celle du MCC que je tiens aujourd’hui à vous adresser quelques mots.

C’est ma conviction profonde que si nous voulons faire face, comme nous en avons le devoir, à l’indifférence, à l’apathie voire au rejet que beaucoup de citoyens manifestent aujourd’hui à l’égard du monde politique, nous devons avoir le courage de mettre en œuvre les changements nécessaires.

Si, dès sa formation, le MCC a choisi de s’engager dans la Fédération que constituaient alors le PRL et le FDF, c’est parce que nous étions convaincus dès le départ, que la bonne santé démocratique d’un pays ou d’une région passe par l’existence de formations politiques qui offrent des choix clairs aux citoyens. Il n’y a pas, à nos yeux en tout cas, de vrai choix pour les citoyens quand la concurrence entre les partis politiques se limite à savoir quel est celui qui va distribuer le plus au plus grand nombre, sans se préoccuper de savoir comment on va produire la richesse à répartir et sans jamais encourager ceux qui la produisent.

Certes, je sais bien, et je veux réaffirmer, que la justice sociale est une vertu « cardinale » aussi bien pour les Libéraux que pour toute la Fédération. Mais nous savons tous aussi que pour avoir plus de solidarité il faut en permanence se préoccuper de produire plus de richesse à répartir, sous peine d’être contraints de racketter les uns pour aider les autres ou, pire encore, comme les régimes communistes l’ont fait hier, d’organiser de sinistres carêmes de partage de la pénurie, derrière des rideaux de fer hérissés de miradors.

La Fédération que nous voulons ne doit pas avoir peur de dire que la condition sine qua non pour organiser une société plus juste et plus solidaire, c’est de construire une société plus performante, c’est-à-dire plus dynamique, plus entreprenante, plus libre.

A nos yeux, le monde francophone et plus particulièrement le monde wallon a un urgent besoin d’une formation politique résolument réformatrice qui ait plus de force et de volonté de changement pour devenir le levier et le fer de lance du développement économique du Sud du pays.


 

Monsieur le Président,

Mes chers Amis,

Mesurée à l’aune de l’histoire d’un pays, la Fédération est jeune, très jeune même. Née avec Jean Gol, amplifiée par le savoir faire et le charisme de Louis Michel, elle s’attelle aujourd’hui, sous l’autorité de Daniel Ducarme, à se mettre en mouvement pour atteindre son plein développement.

Je voudrais te dire, Daniel, que dans ce long périple et ce grand travail que nous allons faire ensemble, tu peux compter sur mon engagement et sur l’engagement de tout le MCC.

Nous sommes prêts, nous n’avons d’ailleurs cessé de le réclamer, à participer activement aux délibérations et aux décisions des organes de la Fédération que nous avons créés ensemble.

Nous sommes prêts, nous l’avons d’ailleurs dit depuis le début, à faire liste commune sous un label commun, dès que nous en aurons convenu entre nous.

Nous sommes prêts, comme nous l’avons déjà fait, à faire des propositions pour élaborer ensemble le texte commun qui sera le socle fondateur de toute notre identité et de nos priorités communes.

Bien sûr, je ne peux exclure totalement le risque qu’à un moment ou l’autre, j’utiliserai un mot un peu trop fort – chacun connaît en particulier mon affection pour certaine tribu africaine – ou que je formulerai un jugement une peu trop carré, ou une revendication que certains jugeront trop radicale.

Mais, je te le demande, je vous le demande, quel intérêt auriez-vous à faire cause commune avec nous, si nous étions totalement démunis d’intelligence, totalement dépourvus de caractère et, de surcroît, totalement muets ? Une telle éventualité, j’en suis sûr, est de nature à vous horrifier autant qu’elle nous répugne.

L’expérience m’a appris qu’on tire davantage profit de la critique d’un ami que des louanges d’un suiveur ou pire, des compliments d’un courtisan.

Quelques remarques encore, avant de conclure.

La grande œuvre, le grand mouvement, dans lequel nous nous engageons ensemble perdrait l’essentiel de son sens s’il n’avait pour ambition que d’améliorer nos rapports mutuels, satisfaits que nous serions des accords contractés entre nos trois composantes.

Si nous nous mettons en mouvement, c’est pour mieux nous ouvrir à d’autres, c’est pour rendre plus attractif et plus crédible notre message, en un mot c’est pour rassembler davantage.

Je le dis souvent, mais je veux le répéter encore, la grande force démocratique, réformatrice francophone que le MCC appelle de ses vœux, doit avoir pour objectif de rassembler, au-delà des clivages hérités du 19ème siècle, toutes celles et tous ceux qui, du centre au centre droit, sont habités par la passion réformatrice au service des citoyens de leur région, de leur communauté, de leur pays.

La synthèse doctrinale et programmatique que nous devons réussir doit avoir pour ambition de rassembler autour des valeurs de liberté et de justice, d’initiative et de responsabilité, de performance et de solidarité tous les réformateurs francophones et germanophones, qu’ils soient libéraux, centristes, personnalistes, sans distinction de condition, d’âge, de sexe, de race, de conviction religieuse ou philosophique. Si la volonté d’ouverture n’est pas présente dès le départ, si elle n’oriente pas notre réflexion tout au long de notre démarche, nous réussirons peut-être à mieux nous organiser entre nous mais nous ne réussirons pas à rassembler – c’est-à-dire qu’en réalité nous ne réussirons pas du tout.

Un mot encore. Rassembler ne veut pas dire uniformiser. De la même manière qu’il serait illusoire et même stupide de vouloir faire l’Europe en supprimant les langues, les cultures, les traditions des peuples qui la composent, de la même manière il serait illusoire de vouloir organiser la Fédération en procédant à une vaste opération de clonage politique. Il faut, tout au contraire, accepter l’apport spécifique de chacun, l’intégrer au mieux dans le projet commun, tout en fixant, cela va de soi, le cadre dans lequel la différence peut s’exprimer et les procédures par lesquelles on évite que l’expression de la différence ne puisse porter atteinte aux intérêts de tous. Ce cadre et ces procédures existent aujourd’hui. Il appartient à chacun de nous de les respecter loyalement.


 

Monsieur le Président,

Mes chers amis,

J’ai relu tout à fait par hasard, ces derniers jours une petite phrase de Michel Ange qui convient parfaitement, je crois, pour définir ce que nous devons faire. Michel Ange a dit simplement ceci :

« Celui qui s’habitue à suivre ne passera jamais devant »

C’est le moment pour nous tous de passer devant.

Bastogne, Parlement du MCC, 8-09-2000

Dans le large éventail des sujets qui alimentent les débats et les prises de positions de cette rentrée politique j’ai choisi de développer davantage trois thèmes :

a) la réforme fiscale.
b) le fonds de pension.
c) le financement de l’enseignement.

I) La réforme fiscale

Didier Reynders, notre Ministre des Finances a raison de rappeler que la pression fiscale et parafiscale se situe à un niveau très supérieur à la moyenne européenne : les Belges paient, chaque année, quelque 450 milliards de FB en plus que s’ils étaient imposés au taux européen moyen.

Il a d’autant plus raison de le rappeler que les autres pays européens – à commencer par la Hollande, la France et l’Allemagne, qui sont à la fois nos voisins et nos concurrents les plus directs – viennent de s’engager dans de vastes programmes de réduction des impôts directs. Si notre pays veut garder son attrait et sa position concurrentielle, il ne peut pas devenir la zone la plus taxée pour les entreprises et pour les particuliers, au cœur même de l’Europe et de l’Euroland.

Sur les deux axes principaux de la réforme proposée par le Ministre des finances, à savoir :

la réduction de l’impôt sur les revenus du travail à commencer par les plus faibles ,

la suppression des discriminations entre les couples mariés et non mariés ,

je n’hésite pas à exprimer globalement notre accord.

Le MCC que je suis, le social-chrétien que je suis , partage cette double orientation qui correspond à la fois à mes convictions, aux préoccupations de la majorité de nos concitoyens et aux nécessités objectives de notre développement.

Je suis même prêt à franchir une étape supplémentaire en disant que la réforme proposée constitue le véritable aboutissement de la réforme de 1988/1989, que les contraintes de l’époque avaient enfermée dans un corset trop étroit .

Cette proposition de réforme honorerait un social-chrétien si d’aventure un social-chrétien en était l’auteur

Il me semble toutefois que quelques accents supplémentaires sont nécessaires pour que le projet soit plus équitable encore et plus porteur d’avenir,

Il faut aider d’avantage les familles – quelle que soit leur forme – avec enfant(s).

Cette aide peut prendre diverses formes : augmentation du plafond exonéré, augmentation des allocations familiales, allocation spéciale de rentrée , meilleure prise en charge des rais de garde des enfants. C’est le gouvernement qui doit décider des modalités, mais l’exigence doit être rencontrée.

Il faut encourager davantage les formes de mobilité les moins polluantes et celles qui évitent au mieux les embouteillages et le congestionnement des villes. Le principe général est simple : il faut mettre sur le même pied, en matière de déductibilité, tous les modes de déplacement. Là aussi les modalités sont nombreuses et des étapes seront sans doute nécessaires, mais la direction est claire et des changements doivent être introduits.

Enfin, je tiens à rappeler, parce que beaucoup ont aujourd’hui tendance à céder à l’euphorie, les 3 principes clés du MCC en matière de répartition des fruits de la croissance.

Principe de précaution

Principe de durabilité

Principe de hiérarchisation

II) Le Fonds de pension,  » zilverfonds « 

Tout le monde sait aujourd’hui que la population d’Europe – et aussi celle de notre pays – est en voie de vieillissement

Tout le monde sait aussi que dans quelques années les enfants du baby-boom d’après guerre vont arriver à l’âge de la pension et que le rapport entre le nombre d’actifs et le nombre d’inactifs ne cesse de se détériorer.

On peut bien sûr, comme certains, faire une confiance aveugle à l’avenir, à la diminution de la dette publique, à la croissance et se dire que tout ira bien, sans qu’il soit nécessaire d’être prévoyant aujourd’hui. Mais qui peut garantir que la croissance sera permanente ? Que se passera-t-il en cas de crise économique grave et prolongée ? Les jeunes d’aujourd’hui devront-ils passer leur vie à payer nos pensions sans être sûrs de pouvoir bénéficier, eux, d’une retraite garantie?

On peut bien sûr aussi, comme d’autres qui sont souvent les premiers, plaider pour plus de responsabilité individuelle en disant aux gens :  » vous savez bien que l’avenir n’est pas garanti ; alors prenez vous-mêmes vos précautions, mettez assez de côté pour vos vieux jours ? Mais alors, qu’en sera-t-il de ceux qui n’ont pas assez de revenus pour se constituer une épargne solide ? Qu’en sera-t-il de ceux qui perdront leur emploi à 50 ans et n’en retrouveront pas ? Qu’en sera-t-il de ceux qui seront victimes d’accidents ou de maladies graves ?

A l’évidence, devant toutes ces interrogations et face à un avenir incertain, il est plus sage que nous prenions tous ensemble aujourd’hui les mesures nécessaires pour garantir le paiement futur des régimes légaux de pension.

C’est pourquoi le MCC se prononce très clairement en faveur de la création du Fonds de pension dont l’idée a été lancée par le Ministre du Budget.

Et nous demandons à certains de nos partenaires, parmi lesquels quelques membres du PRL, de lever leurs réticences à l’égard de ce Fonds.

Bien sûr, il faudra discuter de beaucoup de modalités. Le Fonds peut être alimenté dans un premier temps par des recettes extraordinaires (ventes de licences, produit des privatisations, réalisations d’actifs, ..)

Cela, c’est la responsabilité du Gouvernement de l’organiser.

Notre responsabilité à nous, en tant que Mouvement politique est de dire que ce Fonds nous le voulons.

Nous voulons qu’il soit créé, nous voulons qu’il soit alimenté de manière structurelle et permanente, nous voulons qu’il soit bien géré (c à d par des professionnels, pas par des  » amis  » ou des  » copains  » de parti ), nous voulons aussi qu’il soit en quelque sorte sacralisé : je veux dire par là que le gouvernement ne pourra pas aller y pomper de l’argent quand il devra faire face à des échéances difficiles.

Au moment où elle a dû commencer à faire des économies, la Belgique peu courageuse de la fin des années 70 a d’abord vidé les réserves des différents régimes de sécurité sociale, y compris de pensions. Les conséquences de cette ponction se font encore sentir aujourd’hui. Il faut nous prémunir radicalement contre toute tentation de cet ordre.

III) L’enseignement.

Le débat sur le financement de l’enseignement revient aujourd’hui au premier plan de l’actualité. A juste titre.

Il y a trop d’écoles francophones dans notre pays dont les bâtiments sont vieux, pour ne pas dire vétustes, inadaptés et parfois même non conformes aux normes de sécurité.

Il y a trop d’écoles francophones qui ne disposent ni de l’encadrement ni de l’équipement nécessaire pour endiguer les nouvelles formes de violence qui se produisent aujourd’hui dans trop d’établissements.

Il y a trop d’écoles techniques et professionnelles qui ne disposent pas de l’équipement adéquat pour préparer les élèves aux métiers de demain.

Et pourtant tout le monde sait aujourd’hui que, dans des régions comme les nôtres, le développement économique – et donc la production de richesses et la création d’emplois – ne dépendra plus de l’exploitation de matières premières, mais résultera quasi exclusivement de la qualité de notre matière grise, c à d, en fait, de la qualité de notre enseignement et de notre recherche .

C’est pourquoi, je réaffirme aujourd’hui que, pour le MCC, il est indispensable de revoir les lois de financement des Communautés en prévoyant un lien entre l’accroissement de la richesse nationale et l’évolution des moyens consacrés aux communautés c à d d’abord à l’enseignement.

Certes, je sais et nous savons tous que dans un pays comme le nôtre cette demande, pourtant légitime, aura pour corollaire une demande flamande en matière d’autonomie fiscale. Il faut prendre le risque de cette négociation. Pour autant qu’elle soit maintenue dans des marges de fluctuation limitées (comme le serpent monétaire européen à son époque) et, donc, qu’elle n’entraîne pas des déplacements de personnes ou d’entreprises . Une dose raisonnable d’autonomie fiscale pour les Régions est acceptable sinon même souhaitable. Les conséquences positives ou négatives de cette autonomie ne sont pas déterminées à priori ; elles dépendront avant tout de l’intelligence des responsables politiques qui devront la gérer.

Les moyens budgétaires supplémentaires qui résulteront de cette négociation devront prioritairement être affectés à l’investissement dans l’éducation et cela, dans quatre domaines :

1- Un programme d’urgence pour remédier aux carences les plus graves dans le domaine des bâtiments (sécurité, salubrité, adaptation des locaux)

2- Un programme de modernisation des équipements dans l’enseignement technique et professionnel pour former aux métiers de demain

3- Un renforcement de l’encadrement dans les établissements à problèmes pour conjurer la violence scolaire et renforcer l’intégration.

4- Un programme d’équipement pour permettre d’abord à toutes les écoles, et ensuite à toutes les familles de se connecter à Internet et d’entrer dans la société de l’information.

Ce programme ambitieux ne peut se réaliser sans une véritable révolution politique. Cette révolution passe nécessairement par une réduction drastique du nombre de ministres francophones et par une complémentarité organique entre les Gouvernements de Wallonie , de Bruxelles et de la Communauté Française.

Les récentes déclarations des Présidents de Partis francophones sont assez  » misérables  » à cet égard, mais l’espoir reste permis après les élections communales.

J’ai espoir dans la Fédération.

Si nous devions être déçus, les conséquences politiques seraient à la mesure de notre déception.
Deuxième Assemblée Générale des Citoyens du MCC – Namur, le 6 mai 2000

Deux ans, sinon un peu plus, nous séparent de la première réunion publique du MCC à Wépion. Deux ans, c’est tout à la fois dérisoire et énorme.

C’est dérisoire si nous prenons comme point de comparaison les grands partis politiques traditionnels dont les origines remontent à plus d’un siècle.

C’est énorme si nous nous comparons à d’autres mouvements créés au cours des dernières années et qui ne sont déjà plus très vivants aujourd’hui.

D’autres avant moi, Jean Foncoux, Nathalie de T’Serclaes, Marc Van Campenhoudt vous ont parlé de la manière dont nous voulons nous organiser, de ce que nous avons déjà réussi comme Mouvement, de notre expérience à l’intérieur de la Fédération.

C’est maintenant à moi qu’il incombe de porter un jugement serein sur la politique qui a été menée par les différents gouvernements installés après les élections du 13 juin.

Qu’est-ce qui a changé dans le sens que nous voulons ? Quels changements doivent encore intervenir qui correspondent à nos voeux ou à nos engagements ?

Qu’est-ce qui a déjà changé ?

Bien que je vous en aie déjà parlé dans « L’écho du Citoyen » de mars/avril, je voudrais ici mettre l’accent sur quelques changements majeurs dont nous nous réjouissons.

Certains jugeront que ces changements sont modestes, d’autres au contraire en font une apologie quasi dithyrambique. Nous devons savoir garder la juste mesure dans le jugement.

L’expérience de ma vie antérieure – et celle d’aujourd’hui d’ailleurs – m’a appris que les sociétés ne changent jamais aussi vite que les réformateurs le souhaitent. Ou alors, elles le font de manière trop brutale, avec tout le cortège de violence et souvent d’horreur que les révolutions entraînent.

Pour nous qui voulons être des réformateurs radicaux, nous devons savoir doser avec intelligence la détermination dans la poursuite des changements que nous voulons et la sagesse dans la manière de les négocier et de les mettre en œuvre.

De la détermination, il nous en faut et il nous en faudra pour maintenir le cap des réformes dans un pays qui se veut facilement progressiste – surtout du côté francophone – mais qui réagit le plus souvent de manière conservatrice sinon corporatiste.

De la sagesse, il nous en faut et il nous en faudra pour éviter que l’impatience ne nous conduise à des jugements péremptoires ou à des comportements de dépit.

J’en viens précisément maintenant à la deuxième question posée au début de mon intervention:

Quels sont les changements qui doivent encore intervenir et qui correspondent à nos vœux et à nos engagements ?

Ces changements qui sont à la fois prioritaires et profonds sont autant de chantiers ouverts dont je veux mettre en exergue ceux qui, actuellement, me tiennent le plus à cœur.

* Le premier de ceux-ci est le chantier de la rénovation politique.

Certes, le gouvernement fédéral a fait un petit pas en réduisant de 50% l’effet dévolutif de la case de tête, mais il s’agit là d’une mesure plus cosmétique que structurelle, dont les effets pratiques seront marginaux sur le choix des élus. Par contre, nous saluons la mise en place, au sein du Parlement, de la conférence sur la rénovation politique où peuvent, où doivent être débattus les vrais changements dont notre système politique a besoin.

Pour le MCC, l’objectif central est de rétablir la souveraineté du peuple, et donc de démanteler le carcan particratique qui s’est accaparé l’essentiel du pouvoir de décision dans notre pays. Pour y parvenir il faut, selon nous:

réformer radicalement notre système électoral de manière telle que la majorité parlementaire sorte directement des urnes, et ne résulte plus des marchandages entre les états-majors des partis.

introduire le référendum dans notre Constitution : dans une vraie démocratie, on ne consulte pas le peuple, c’est le peuple souverain qui décide.

L’élection directe des bourgmestres, la limitation radicale des cumuls des mandats sont également des priorités qui visent le même objectif.

* Le deuxième chantier est celui de l’enseignement.

Nous n’investissons pas assez, et pas assez bien dans le secteur de l’éducation. Nous produisons aujourd’hui trop peu de gens qualifiés par rapport aux besoins de nos entreprises. Trop d’élèves restent unilingues au sortir de leur école. Trop de bâtiments scolaires sont dans un état déplorable sinon pire. Trop peu de subsides d’équipement sont attribués à l’enseignement technique et professionnel. Trop nombreuses sont les écoles qui deviennent des zones d’insécurité et de violence. Trop peu de moyens sont dévolus à nos universités et à nos grandes écoles.

Au dernier sommet européen de Lisbonne, les chefs d’Etat et de gouvernement des 15 pays de l’Union Européenne se sont solennellement engagés à faire de l’Europe l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde. Dans ce cadre, ils ont notamment estimé qu’il était essentiel d’accroître chaque année substantiellement l’investissement par habitant dans la formation. Nous n’avons aucune chance d’atteindre cet objectif si nous restons confinés dans le cadre des contraintes budgétaires qui organisent actuellement le financement de l’enseignement de notre Communauté française.

Je dois le reconnaître, avec modestie et avec tristesse parce que j’en ai été l’un des négociateurs : la loi de financement de 1988 est trop étriquée. Il n’est pas sain de ne pas avoir prévu de mécanisme structurel de liaison du financement des communautés à l’évolution de la richesse nationale.

Certes, je ne sous-estime pas les trésors d’ingénierie institutionnelle qui ont été utilisés depuis lors, y compris récemment par l’actuel gouvernement, pour renflouer les budgets communautaires. D’autres astuces plus ou moins pertinentes sont encore disponibles et utilisables. Mais cela ne change rien à l’exigence de fond : tôt ou tard – et il vaudrait mieux plus tôt que trop tard – l’enseignement doit pouvoir compter sur des moyens financiers structurellement liés à l’évolution de la richesse nationale. Ceux qui refusent de reconnaître cela aujourd’hui sont occupés à commettre la même erreur que celle qu’ils reprochent aux négociateurs de la loi de 1988.

* Le troisième chantier du changement est celui d’une meilleure rémunération du travail.

En disant cela, je ne plaide en tout cas pas pour une augmentation inconsidérée des salaires et rémunérations. Dans l’Europe de la monnaie unique et de la libre circulation, où les dévaluations ne sont plus praticables, où les déficits budgétaires sont sévèrement contrôlés, où les investissements et les désinvestissements se jouent à la marge, tout dérapage salarial se paie cash: au minimum restructuration, au pire, fermeture et chômage.

Je ne plaide pas non plus pour une réduction autoritaire et linéaire du temps de travail, comme on vient de l’entendre à travers les flonflons du 1er mai. L’aménagement et la réduction du temps de travail sont, par essence, des matières qui concernent au premier chef les employeurs et les travailleurs: c’est à eux de les négocier en fonction des réalités économiques et techniques qu’ils connaissent dans leurs entreprises ou dans leurs secteurs.

Une meilleure rémunération du travail, c’est à nos yeux, un meilleur équilibre entre ce que la personne qui travaille garde pour elle-même et ce qu’elle doit rétrocéder à la communauté.

Tout le monde reconnaît aujourd’hui que l’impôt sur les revenus du travail en Belgique est un des plus élevés du monde. C’est la raison pour laquelle nous estimons au MCC que la baisse des impôts prévue dans la déclaration gouvernementale doit bénéficier en toute priorité aux revenus du travail et parmi ceux-ci, d’abord aux revenus les plus faibles.

Nous rappelons aussi (parce que cela était une priorité de toute la Fédération au cours de la campagne électorale) qu’il faut poursuivre et intensifier la réduction du coût du travail par la diminution des charges qui pèsent sur les bas salaires. (Je rappelle à cet égard que le programme de la Fédération proposait de consacrer 100 milliards supplémentaires à ce programme). Un programme de grande ampleur est nécessaire dans ce domaine, en particulier pour les régions qui connaissent, comme la Wallonie, un chômage important dû aux faibles qualifications.

* Le quatrième chantier du changement est celui de la sécurité des personnes et des biens.

Nos sociétés d’Europe occidentale sont confrontées aujourd’hui, dans ce domaine, à 2 défis majeurs.

L’un est le développement de la criminalité organisée : trafic de drogue, filières d’immigration clandestine, trafic d’êtres humains, vol d’armes et de voitures, blanchiment d’argent.

L’autre est le développement de nouvelles formes de délinquance et d’incivilité : agressions contre les conducteurs de transports en commun, agressions contre les professeurs, vols à l’arraché dans les rues, rackets organisés dans les écoles, …

Il faut, à cet égard, rappeler avec force que la sécurité est l’un des droits fondamentaux des citoyens, et donc, l’une des responsabilités essentielles des pouvoirs publics. La sécurité des citoyens est, par essence, une valeur démocratique, et ce n’est pas parce que l’extrême droite en parle que les démocrates doivent se taire. Au contraire.

C’est pourquoi nous attendons avec intérêt le plan complet « sécurité » du gouvernement, dans toutes ses composantes : prévention, assistance aux victimes, répression, réhabilitation.

* Le cinquième chantier du changement est celui du redressement de la Wallonie.

C’est un problème qui me hante et qui est d’ailleurs au cœur du Manifeste du MCC. La situation économique de la Wallonie ne s’améliore pas assez vite. Je lisais avec plaisir il y a deux jours les chiffres sur l’évolution du chômage dans notre pays : par rapport à avril 1999, il y a dans notre pays 27 000 chômeurs en moins. Mon plaisir s’est refroidi quand j’ai lu que la baisse était de 14.4% en Flandre contre seulement 3.9% en Wallonie et même en augmentation à Bruxelles. Pire encore : parmi les jeunes chômeurs de moins de 25 ans, il y a 32 000 Wallons, contre 18 000 Flamands, et 8 000 Bruxellois !

Bien sûr, il n’est pas question de tomber dans le catastrophisme et de démoraliser les gens. Mais il ne faut pas non plus se regarder avec une satisfaction, béate en proclamant que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

La vérité est que la Flandre se développe plus vite que la Wallonie, et que l’écart entre le Nord et le Sud du pays ne cesse de s’accroître.

La priorité pour nous, ce n’est pas de réduire le temps de travail. (En moyenne, avec 1553 heures par salarié par an, nous travaillons moins que les Hollandais (1628 heures), que les Français (1668 heures), que les Allemands, et surtout les Anglais).

La priorité pour nous, c’est d’abord de créer du travail, et d’abord du travail productif. Tout l’effort du gouvernement wallon doit être centré sur cet objectif essentiel : accélérer notre développement économique. Cela veut dire : stimuler l’investissement intérieur, attirer l’investissement étranger, soutenir la recherche, stimuler les exportations, débureaucratiser l’économie, diminuer le coût du secteur public.

Voilà ce que je voulais vous dire aujourd’hui et qui se retrouve d’ailleurs pour une large part dans le texte de la motion politique qui vous est présenté en conclusion de cette journée.


Charleroi : première réunion de la fédération PRL FDF MCC,
3 mars 1999

PREMIER CONGRÈS DE LA FÉDÉRATION

Mesdames,
Messieurs,
Chers Amis,

A l’occasion de ce premier Congrès de la Fédération PRL FDF MCC, je veux avant toute chose – et c’est pour moi un réel plaisir – rendre hommage à un homme.

Si la Fédération est devenue aujourd’hui le centre de ralliement de tant de gens au départ si différents; si demain, la Fédération est – et je n’en doute pas une seule seconde – la première force politique francophone de Belgique, nous le devons d’abord à un homme : cet homme, vous le connaissez, c’est Louis Michel.

Louis, lorsque je nous vois, côte à côte ici ensemble, hier adversaires irréductibles, aujourd’hui compagnons de route, différents mais fraternels, je sais que le changement est en marche.

Tu as su maintenir et élargir, au-delà de ce qu’il aurait sans doute eu quelque difficulté à imaginer, la politique d’ouverture et de rassemblement menée d’abord par ton prédécesseur à la tête du PRL, Jean Gol.

Tu as su trouver les mots justes et simples pour rendre compréhensibles et sympathiques au plus grand nombre les valeurs que tu incarnes.

Tu as réussi à imposer l’idée que le vrai libéralisme n’a rien à voir avec les intérêts d’une classe ou les privilèges d’un groupe, mais qu’il est d’abord une exigence et une philosophie du développement.

Tu as su rompre avec la tentation des discours faciles sur la peur de l’autre pour jouer la carte de l’intégration et du respect, parce que tu sais que le vrai libéralisme est d’abord un humanisme.

Tu as su donner à l’opposition ses lettres de noblesse en élevant le sens de l’Etat au-dessus des calculs partisans et des effets médiatiques.

De Gaulle disait que pour avoir une fédération, il faut un fédérateur.


 

Monsieur le Fédérateur,
Mesdames, Messieurs,
Chers Amis,

Moins de cent jours nous séparent du 13 juin. Cent jours pour convaincre, cent jours pour gagner. Cent jours pour convaincre les citoyens que le changement est nécessaire. Cent jours pour gagner et faire comprendre que le changement est possible et qu’il aura lieu.

Notre premier défi est de répondre à l’immense appel qui monte aujourd’hui de toute la Wallonie. Les Wallons en ont assez d’être derrière. Ils en ont assez de se développer moins vite que les autres, d’avoir moins d’investissements et moins de travail, d’avoir plus de chômeurs, plus d’assistés et plus de délinquants. Dans le Championnat des Régions d’Europe, ils ne veulent pas être relégués en provinciale, ils aspirent à remonter en première division.

Pour y parvenir, les Wallons ont d’abord besoin d’un changement culturel. Ils doivent cesser de considérer que la réussite économique est fiscalement sinon moralement suspecte et que seul ce qui n’est pas marchand est honorable. Pour que le XXIème siècle soit social, comme certains l’affichent et comme nous le voulons aussi, il faut d’abord qu’il soit prospère. Il vaut mieux répartir avec justice la richesse produite, qu’organiser le partage de la pénurie.

Notre deuxième défi est de rendre les Wallons et les Bruxellois plus conscients de la solidarité de leur destin. Au moment où nous allons devoir faire face à la plus grande offensive flamande jamais conduite contre la solidarité nationale et contre Bruxelles, nous devons nous tenir ensemble comme les doigts d’une même main.

Il faut que la Fédération soit demain la grande force politique d’unification des Belges francophones, et le noyau dur de la résistance à l’arrogance nationaliste flamande. La Belgique

est notre pays : nous n’accepterons jamais de nous en laisser déposséder, ni d’y être traités en citoyens de seconde zone.

Un mot encore pour conclure.

Si les hommes ont besoin de pain, ils ont aussi faim d’autre chose. Notre objectif doit être, bien sûr, de mieux gérer notre pays et nos régions. Nous voulons donner à chacun plus de chance de travailler, d’avoir un meilleur revenu, de se promener en sécurité dans la rue, de vivre en bonne santé, de profiter d’un air plus sain, d’un plus bel environnement.

Mais les hommes et les femmes – qui seront d’ailleurs à l’honneur lundi prochain pour la Journée Internationale de la Femme – ont aussi besoin de considération, de respect, de fraternité.

C’est pourquoi le fondement de la Fédération n’est pas seulement de nous rendre plus performants, c’est aussi de nous rendre plus humains et plus fraternels.

C’est cette Fédération que nous voulons construire ensemble. C’est cette Fédération qui gagnera le 13 juin.

Vive la Fédération
Vive la Victoire


 

Wavre : Première Assemblée Générale des Citoyens du MCC,
24 octobre 1998

1. Accueil

Bonjour et bienvenue à toutes et à tous ce samedi 24 octobre 1998 à Wavre. Merci à vous d’avoir répondu à notre appel et d’avoir fait l’effort – j’en vois parmi vous qui viennent de loin – de participer à cette première Assemblée Générale des Citoyens du MCC.

Permettez-moi tout d’abord de vous dire à quel point je suis heureux personnellement de votre présence aujourd’hui.

Lorsque j’ai lancé, il y a tout juste un an, l’idée du Mouvement des Citoyens pour le Changement, j’avais – je peux vous l’avouer aujourd’hui – une certaine appréhension.

Personne à ce moment – et moi moins que quiconque – ne pouvait savoir quel accueil les citoyens allaient réserver à l’appel qui leur était lancé de se mettre en mouvement.

Depuis lors, les signaux positifs n’ont cessé de se multiplier.

Il y a, tout d’abord, le succès inattendu et réjouissant de notre première Assemblée-Débat à Wépion, le 7 mars de cette année.

Il y a eu ensuite l’engagement volontaire, spontané, de nombreuses personnes qui se sont proposées pour travailler à l’implantation régionale et locale du Mouvement.

Très vite, grâce à eux, nous avons pu nous structurer quelque peu dans les différentes régions, organiser des réunions publiques, et mettre en oeuvre les premières actions de sensibilisation et d’adhésion.

Au même moment, grâce à la contribution personnelle de beaucoup d’entre vous, que je remercie, nous avons pu nous doter d’un siège propre pour le Mouvement, l’équiper de matériel, et le faire fonctionner avec l’aide de bénévoles, aussi généreux d’eux-mêmes que disponibles et efficaces.

Parallèlement, nous avons mis sur pied des instances provisoires, un Exécutif qui se réunit pratiquement toutes les semaines, et un Parlement des Animateurs qui s’est déjà réuni à deux reprises, chaque fois pendant une journée complète.

Il y a enfin le signal public fort qui a été donné par un certain nombre de mandataires lorsqu’ils – ou elles – ont annoncé publiquement leur choix en faveur du MCC.

C’est ainsi que depuis le début du mois de septembre, vous avez appris que deux parlementaires de la Chambre, nos amies Nathalie de T’Serclaes et Pierrette Cahay, ont quitté leur parti pour s’engager totalement avec nous, dans le respect absolu des convictions et des valeurs qui les ont toujours animées et qui continuent de les conduire.

C’est ainsi aussi que depuis le début du moi d’octobre, des mandataires locaux, parmi lesquels Marie-Christine Marghem, conseiller communal à Tournai, Joël Mulatin, Echevin à Thuin, Jean-Jacques Flahaux, Bourgmestre de Braine-Le-Comte, ont officiellement rejoint les rangs des nombreux mandataires locaux déjà engagés au MCC.

D’autres, je le sais déjà, annonceront également leur choix dans les prochaines semaines.

C’est ainsi enfin que chaque jour, au siège du Mouvement, nous enregistrons l’adhésion de citoyens sensibles à notre message et désireux d’accompagner le changement que nous voulons.

Et cela, c’est le signal le plus fort de tous : les citoyens adhèrent, les citoyens s’engagent, le Mouvement des Citoyens est lancé.

C’est dans ce contexte que j’ai souhaité prendre la parole en premier lieu ce matin.

Pour qu’il soit dorénavant clair pour tout le monde que ce Mouvement dont j’ai pris l’initiative devient aujourd’hui votre Mouvement.

Pour qu’il soit dorénavant clair pour tout le monde que le MCC n’a plus, à dater d’aujourd’hui, un fondateur, mais des fondateurs et des fondatrices.

Je remets aujourd’hui officiellement le MCC entre vos mains. C’est à vous, si je puis ainsi m’exprimer, de le “baptiser” politiquement, de veiller sur lui, de lui donner sa consistance, et de le faire respecter.

2. Qu’est-ce que le MCC

Au moment de remettre le MCC entre vos mains, je voudrais rappeler ce qui constitue, à mes yeux, l’identité propre du MCC.

Le MCC tire son originalité de trois éléments indissociables qui lui donnent une personnalité propre, distincte de toutes les autres forces politiques.

Ces trois éléments indissociables sont les suivants :

1. Le MCC a un projet politique :
C’est le Manifeste.

2. Le MCC a une stratégie :
C’est la Fédération des Forces du Changement.

3. Le MCC a une méthode :
C’est le Mouvement des citoyens contre les excès de la particratie.

2.1. Notre projet politique, tel qu’il est défini par le Manifeste, est centré sur la volonté de construire une société qui soit à la fois plus performante et plus solidaire. Notre objectif politique essentiel est de réconcilier deux réalités que l’on oppose trop souvent : la réussite et la justice.

Nous ne voulons pas que se développe dans nos régions une culture de la pauvreté ou de l’assistance.

Nous nous battons pour que les citoyens aient plus de chances de réussir.

L’ambition des Wallons et des Bruxellois doit être de rejoindre les meilleurs.

Mais nous voulons aussi – et avec une conviction aussi forte – nous battre pour la justice et la solidarité.

L’arrogance dans la réussite n’est pas une vertu MCC : le développement économique que nous voulons doit profiter à tous et non être l’apanage de quelques-uns.

2.2. Notre stratégie, c’est la Fédération.

Pour réussir un grand changement, il faut une grande force pour le porter.

Le MCC ne veut être ni une secte de partisans, ni un îlot de marginaux.

L’objectif du MCC, c’est le changement.

Sa stratégie, c’est le rassemblement.

C’est dans cet esprit que le MCC affirme expressément sa volonté de travailler au regroupement des forces décidées à mettre fin à l’hégémonie du système socialiste dans le Sud du pays, et qui veulent battre démocratiquement les forces du repli, de la bureaucratie, et des droits acquis.

C’est notre conviction profonde que la Wallonie n’échappera pas à la pesanteur du système socialiste tant qu’il n’y aura pas une grande force politique capable de donner le ton, et de devenir le centre de gravité politique de la Wallonie.

Je voudrais à cet égard que vous me permettiez de lancer ici un appel à mes amis sociaux-chrétiens qui sont toujours au PSC.

Je voudrais leur dire aujourd’hui qu’il y a mieux à faire que de s’esquinter comme ils le font à colmater jour après jour des voies d’eau qui ne vont de toute façon pas s’arrêter.

C’est pourquoi je dis à mes amis sociaux-chrétiens :
« N’ayez pas peur du changement. Il y a une place pour vous, une grande place, dans le MCC et dans la fédération que nous allons construire. »
« Mes amis sociaux-chrétiens, prenez le risque de déplaire à un appareil qui vise avant tout à se perpétuer lui-même, et qui va vous mener à l’impasse. »

« Venez professer et pratiquer vos valeurs et vos convictions dans le nouvel espace de liberté et de projet qui vous accueillera et vous respectera. »

Je voudrais aussi m’adresser aux citoyens qui croient dans le socialisme et dont on me dit qu’ils sont heurtés par le caractère « anti-socialiste » de notre stratégie.

Qu’ils soient rassurés comme citoyens : notre défi est démocratique. Nous ne combattons pas les personnes. Nous savons que le socialisme est un grand courant culturel et politique de l’histoire de l’Europe occidentale.

Nous ne rêvons pas d’une société de droite, où il n’y aurait pas d’alternance démocratique.

Nous rêvons d’une société prospère et fraternelle. Ce que nous combattons, c’est la position hégémonique de l’appareil socialiste qui exerce son pouvoir sur la Wallonie depuis plus d’un demi-siècle. Ce que nous combattons, c’est un système qui n’est pas efficace pour produire de la prospérité, et qui confond la fraternité avec l’assistance et le clientélisme.

J’ai la conviction profonde que ce système ne changera pas aussi longtemps qu’il aura le sentiment d’être le plus fort.

La Fédération des Forces du Changement n’est pas une machine pour « bouffer » du socialiste, comme certains autrefois voulaient « bouffer du curé » à tous les repas.

La Fédération, c’est d’abord un défi démocratique lancé à ces appareils de pouvoir qui se sont installés dans le système, et qui vivent de lui.

2.3. Le MCC a un projet. Le MCC a une stratégie. Le MCC a aussi une méthode : cette méthode, c’est de rassembler les citoyens dans un Mouvement.

Le MCC n’est pas et ne sera pas un parti au sens traditionnel du terme.

Comme le dit le Projet de Manifeste, le MCC refuse d’entrer dans le système où la carte de membre est autant sinon davantage un passeport pour la nomination ou la promotion, plutôt que l’expression d’une conviction personnelle.

On ne vient pas au MCC pour tendre la main ou la sébile, on y vient pour retrousser ses manches. On y vient pour en faire plus, pas pour en faire moins.

Le MCC est pluraliste. Il s’adresse aussi bien aux croyants qu’aux non croyants, à la condition qu’ils se respectent mutuellement et qu’ils partagent les valeurs de l’humanisme démocratique.

Le MCC est interculturel : il s’adresse tout autant aux belges de souche, qu’aux nouveaux belges, aux résidents de toute origine ou confession qui acceptent de travailler ensemble pour construire un destin commun.

Le MCC est ouvert. Parce qu’il est citoyen, le MCC combat le nationalisme, le racisme, la xénophobie.

Il est naturellement européen, parce qui’l sait que la construction de l’Europe est notre plus grande chance et notre meilleur projet commun.



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