Crise des réfugiés : La frontière extérieure de l’UE est une frontière commune et ce qui est commun doit être géré en commun !

Le Parlement européen réuni en session plénière à Strasbourg tenait ce matin un débat avec les Présidents du Conseil et de la Commission européenne au sujet des conclusions du sommet européen du 15 octobre, de la réunion des dirigeants européens du 25 octobre consacrée à la situation des réfugiés sur la route des Balkans occidentaux, et du sommet de La Valette des 11 et 12 novembre prochains qui réunira les dirigeants européens et africains afin de trouver des solutions communes aux défis migratoires.

Au cours de la discussion, deux orateurs ont pris la parole pour le groupe ALDE (libéraux démocrates européens) : Guy Verhofstadt en tant que chef de groupe et Gérard Deprez, rapporteur fictif du groupe ALDE sur la proposition de la Commission visant à établir une liste européenne de pays d’origine sûrs et rapporteur fictif du groupe ALDE sur la refonte du Code Visa Schengen.

Le député européen Gérard Deprez a déclaré d’emblée : « La frontière dite « extérieure » de l’Union européenne est une frontière commune. Lampedusa n’est pas seulement une frontière italienne. Kos et Lesbos ne sont pas seulement des frontières grecques. Ce sont des portes d’entrée pour Paris, Bruxelles, Varsovie, Stockholm et Budapest.  Or, ce qui est commun doit être géré en commun ! De fait, si la frontière commune doit être gérée en commun, le statut de Frontex doit être fondamentalement revu et il faut mettre en place un véritable corps de gardes-frontières européens. »

Sur la coopération avec la Turquie, qui avait fait l’objet du Conseil européen du 15 octobre dernier, le député européen MR déclare : « Nous avons évidemment besoin de la coopération des pays de transit et notamment de celle de la Turquie, mais cette coopération repose sur la bonne foi des partenaires en présence. En aucun cas, elle ne peut s’accommoder du chantage ! Nous savons que la Turquie espère un soutien financier conséquent qui pourrait aller jusqu’à 3 milliards d’euros, une accélération de la libéralisation du régime des visas et la reprise des négociations sur son adhésion à l’Union européenne. Très clairement, malgré l’importance cruciale des enjeux, nous ne pouvons pas brader les conditions d’adhésion à l’UE. »

Sur la question de l’inscription de la Turquie dans la liste européenne des pays sûrs, Gérard Deprez déclare : « En tant que rapporteur fictif sur sur la proposition de la Commission visant à établir une liste européenne de pays d’origine sûrs, je suis disposé à inscrire la Turquie sur cette liste pour autant qu’il soit clairement établi que les demandes de protection internationale émanant de citoyens turcs appartenant à des minorités maltraitées ou persécutées, comme les Kurdes par exemple, soient traités avec toutes les garanties requises. »

Enfin, sur la question des visas, l’eurodéputé belge insiste : « La Turquie doit d’abord satisfaire à toutes les exigences énoncées dans sa feuille de route et démontrer que la suppression de l’obligation de visa n’entraînerait pas de risques importants en matière de sécurité et de migration ! »

Et le député européen de conclure : En clair, à aide conjoncturelle de la part de la Turquie, contrepartie conjoncturelle de la part de l’Union européenne. Toute contrepartie structurelle serait un jeu de dupes !

Mots-clés :


Dernières vidéos

Voir toutes les vidéos »