Pour Gérard Deprez, c’est la pingrerie des Etats membres qui est à l’origine du blocage des tentatives de conciliation

 

Suite à l’échec des récentes tentatives de conciliation entre le Parlement et le Conseil européen, l’Europe n’a toujours pas de budget pour 2015. Ce qui bloque, c’est l’incapacité du Conseil à se mettre d’accord sur le montants des crédits de paiement nécessaires pour honorer les factures impayées. Pour l’année 2014 la Commission demande 4.7 milliards d’euros de crédits supplémentaires. Ce montant qui peut paraitre élevé n’est cependant qu’une faible partie du montant total des factures impayées qui s’élève aujourd’hui à plus de 23 milliards d’euros!!

Pour les Eurodéputés, cette situation est intolérable. Sous ces crédits supplémentaires, le programme Eramus sera bientôt en panne, des centres de recherches devront licencier du personnel, des P.M.E ne recevront pas les capitaux nécessaires, l’aide humanitaire ne pourra être assurée correctement, des collectivités locales seront en grande difficulté,…
Certes les Eurodéputés savent que la situation budgétaire des États membres est délicate sinon pire! Mais en réalité le problème n’est pas là.

Il faut savoir, en effet, que cette année le budget de l’Union a encaissé des recettes supplémentaires de plus de 5 milliards d’euros. Il s’agit, pour l’essentiel, d’amendes et des intérêts de retard imposés à des entreprises qui n’ont pas joué correctement le jeu : ententes sur les prix, abus de position dominante, tricheries diverses.

En résumé, ces recettes inattendues font plus que couvrir les crédits supplémentaires demandés. Mais les États membres préfèrent mettre ces recettes dans leur poche et diminuer ainsi les montants qu’ils vont devoir payer pour le budget 2015, plutôt que de payer des factures incontestablement dues!

Cette pingrerie est inacceptable pour le Parlement européen. La suite des évènements dira qui l’emporte : l’exigence du Parlement européen de s’attaquer à la montagne des dettes qui grossit d’année en année ou la pingrerie à courte vue du Conseil, où seuls quelques États membres, dont le nôtre, se montrent à la hauteur de l’enjeu

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